De la société secrète des abakua / The Abakua Secret Society

Publié le par Julien Sinzogan

De part et d’autre de la Cross River, les peuples de pêcheurs efik et efut constituent l’approvisionnement en esclaves de leurs puissants voisins yorubas.

 

Les sociétés secrètes fondées par les hommes de ces peuples malmenés – renommées Outre-Atlantique Abakua par les esclaves –, tablent sur leur connaissance parfaite de l’art du tambour afin de signaler sur les deux rives de la Cross River, toute menace, attaque ou razzia des Yorubas.

Quel que soit le sens du vent ou de l’intensité de la pluie, la rythmique magique des tambours sacrés, dénommés Voix divines, résonne sous la puissance des mains consacrées des initiés. La clameur de ces tambours remplit alors la mission qui leur est primordialement attribuée.

L’autre facette de ces sociétés secrètes est de semer la terreur dans les rangs de l’adversaire : revêtus de paille, portant masques effrayants et clochettes, leurs membres repoussent l’ennemi en effectuant de terrifiantes danses guerrières.

 

En dépit de l’Arbre de l’oubli :

dans sa forme et dans sa symbolique, la société secrète des Abakua se singularise à Cuba ;

de même, le Vodun dahoméen, sa langue et ses symboles se déclinent au Brésil et aux Antilles – plus spécifiquement en Haïti ;

par ailleurs, les Mandingues et Ouolofs – qui constituèrent une grande partie des esclaves vendus en Amérique du Nord – conservèrent leur maîtrise excellente du tambour et des instruments à cordes. Ils contribuèrent ainsi à l’avènement du blues.

  © Julien Sinzogan et Dominique Eyoum

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